B. Les films critiquant la société

1. La critique de consommation avec Fight Club

 

     " Si vous lisez ceci alors cet avertissement est pour vous, chaque mot que vous lisez de ce texte inutile est une autre seconde perdue de votre vie. Vous n'avez rien d'autre à faire ? Votre vie est-elle si vide, honnêtement, que vous ne puissiez penser à une meilleure manière de passer ces moments ? Ou êtes-vous si impressionnés par l'autorité que vous donnez votre respect et vouez votre foi à tous ceux qui s'en réclament ? Lisez-vous tout ce que vous êtes supposé lire ? Pensez-vous tous ce que vous êtes supposés penser ? Achetez-vous ce qu'on vous a dit d’acheter ? Sortez de votre appartement. Allez à la rencontre du sexe opposé. Arrêtez le shopping excessif et la masturbation. Quittez votre travail commencez à vous battre. Prouvez que vous êtes en vie. Si vous ne revendiquez pas votre humanité vous deviendrez une statistique. Vous aurez été prévenu... Tyler ", voici le message d’avertissement qui s’affiche juste avant le commencement du film Fight Club.
     Le film Fight Club est une adaptation cinématographique du roman Fight Club de Chuck Palahniuk, réalisé par David Fincher en 1999. Ce film nous raconte que le narrateur ( Edward Norton ) est un cadre employé dans une firme de construction automobile. Voyageant d'aéroport en aéroport, son travail consiste à répertorier les éventuelles erreurs de fabrication pouvant provoquer un accident. Son existence est morne et il s'est pris de passion pour son appartement meublé Ikéa dont il dévore les catalogues. Premier constat : la société d'abondance ne procure pas le bonheur. Le narrateur vit seul, travaille seul, dort seul, mange dans des plateaux-repas. Misère humaine, morale et sexuelle. Il veut s'évader de son quotidien monotone au point de souhaiter qu'il lui arrive un accident d'avion. Pour se soulager de ses insomnies, il fréquente des associations et rencontre des gens aussi désorientés que lui et dont leurs maladies empêchent de s'intégrer à la société. Là, il fait la connaissance de Marla (Helena Bonham Carter) se nourrissant, elle aussi de  la souffrance des autres. Et voilà qu'un jour, le narrateur fait la connaissance dans un avion de Tyler Durden (Brad Pitt), un vendeur de savon. Les deux hommes deviennent "amis". Ensemble, ils décident de créer un club de combat clandestin (le Fight Club). Le narrateur se laisse entraîner par les théories philosophiques de Tyler : " La douleur est la vérité, l'unique vérité ". Et ce qui commence comme une bagarre entre deux amis pour " sentir la douleur " aboutit à une organisation terroriste visant la destruction de la société de consommation.
     Ce film est une critique de la société de consommation Américaine. D. Fincher décrit une société américaine en crise où le citadin moyen ( ici essentiellement les hommes ) vit dans la dépression. Le narrateur se met en quête d’un remède à son mal ( médecine d’abord, car il croit qu’il peut mourir de l’insomnie, ensuite les thérapies de groupes qui sont sur des maladies plutôt graves ). Mais la solution c’est celle que donne Tyler : ne plus être parfait, devenir fou, se détruire soi-même pour aller à l’encontre du discours de la société. Placer des images pornos sur une bobine d’un film familial, uriner dans un plat dans un grand restaurant, ne plus regarder la télé, porter des chemises à fleur dans un monde anémique, et enfin se battre alors que les dirigeants, les médias, la société dans son ensemble font la promotion de la non-violence. C’est comme ça que le Fight Club née et devient une réaction de la société moderne, et même une société parallèle lorsque cette " association clandestine " se diffuse dans plusieurs villes nord-américaines, comme une nouvelle marque, une nouvelle mode. Le Fight Club apparait comme un groupe fascisant, il désigne un bouc émissaire ici la société de consommation.
     La solitude est remplacée par la massification ; contre l'individualisme, il y a le regroupement en un corps constitué, ici le Fight Club. Ceux que l'on appelle les "faibles", les Messieurs tout le monde, semblables les uns aux autres, copies des uns des autres, se révoltent et deviennent de véritables petits tyrans. La douleur semble prouvée à nos yeux que l’on est en quelque sorte vivant ou qu'on existe. Le film pose donc un faux dilemme, d’un côté, la société de consommation déséquilibrée, et de l’autre, la seule alternative proposée à cette déséquilibration est la révolte collective.
     Tyler ( inventeur du Fight Club ) explique que seule une soudaine anarchie, et l'anéantissement du mode de vie existant pourrait les sauver. Il explique que la vie ne sert à rien et que le paradis n'existe pas vraiment : si une personne meurt, après avoir eu une vie moyenne, elle ira au paradis. Mais sur Terre, elle ne laissera aucune trace. Tyler préconise donc que si l'on doit mourir, autant marquer l'Histoire, et choisir l'Enfer. " On a tous le pouvoir de changer le monde ". De plus pour Tyler, les hommes et les femmes sont décrits comme étant des êtres soumis à l'apparence des mannequins des magazines et des publicités, qui selon le film, influencent la perception de leur virilité et dégradent leur jugement inné. Tyler considère que vivre dans une société de consommation, de l'accepter puis d’en devenir l’acteur ne peut pas mener au bonheur. Selon lui, la seule possibilité valable serait de vivre primitivement, selon les instincts encore présents chez l'Homme, où l'on chasserait pour manger, où l'on vivrait loin de tous ces faux-semblants, dans une liberté absolue inaccessible par la consommation. Bien sûr, il reste encore la perspective d'amour, mais Tyler répond tout simplement : " On est une génération d'hommes élevés par des femmes. Je ne suis pas sûr qu'une autre femme soit la solution à nos problèmes ". Ici, Fight Club est une critique des hommes et des femmes de notre société. Mais, dans ce film, nous avons aussi une critique de manipulation car on a en effet un homme qui, à lui tout seul, arrive grâce à un discours (et une organisation sans faille), à rallier un nombre incroyable de personnes à sa cause (même des policiers y adhèrent et où qu'aille le narrateur, les gens le saluent). De plus a travers les combats sanglants de ce film, les hommes retrouvent leur envie de se battre pour ce qu’ils sont ; ils réapprennent littéralement leur robustesse, leur vigueur ; ils comprennent qu'acheter une télévision ( ou autre objet ) procure beaucoup moins d'adrénaline et de satisfaction personnelle que de mettre un adversaire au tapis ; ils sortent enfin de leur zone de confort pour se heurter aux choses les plus basiques. Peu à peu, ces hommes se transforment en ce que Tyler lui-même souhaite qu'ils se transforment. Ils redeviennent vifs et redécouvrent la part animale en eux, ils perdent tranquillement leurs désirs maladifs de consommer et Tyler se crée ainsi une " armée " de personnages éduqués avec des valeurs simples ; personnes qu'il nomme les " singes de l'espace " (en référence aux singes utilisés comme cobayes pendant la conquête de l'espace). Dans ces combats, D. Finchers réveille nos instincts animaux qui sommeillent en chaque homme, des instincts réprimés et étouffées dans notre société technologique et terriblement automatisée.
     Enfin ce film reste quand même moral puisque le narrateur prend conscience que Tyler et le club va trop loin, qu’ils dépassent des limites que le premier n’avait pas envisagées et qu’il croyait dépasser. Et c’est comme cela que le narrateur découvre à la fin que Tyler n’est d’autre que lui-même. Après cette surprenante nouvelle, le narrateur tente par tout les moyens de désamorcé les explosifs que sa part maudite ( Tyler ) a disséminé dans plusieurs immeubles bancaires. Mais le Fight Club est tellement bien infiltré dans la société qu’il y a même des adeptes dans la police. C’est alors que le narrateur se retrouvera prisonnier de son double, donc de lui-même. Pour se débarrasser de lui il trouve qu’une seule solution, se tirer une balle dans la bouche qui ressorti par sa joue. Contrairement au narrateur, la balle de Tyler est ressortie par l’arrière de son crane se qui le tua définitivement malgré le fait qu’il n’existait tout simplement pas.
     Cette fin montre simplement que notre société ne laisse pas de place à nos pulsions " naturelles ". Ce qui nous montre que certes on vit dans une société de consommation, mais que cette société nous consomme à son tour et nous déforme. Et nous pensons qu’en montrant l’impasse de cette société dans ce film, D. Fincher nous propose d’inventer un nouvel homme.

     Maintenant que nous avons vu le film Fight Club qui critique la société de consommation nous allons voir Roger & me qui, lui critique le société américaine.

2.   La critique des Américains avec  Roger & me

 

     " Mes parents ont tout de suite vu que j’avais un grain " voici comment commence le documentaire de Mickael Moore en mettant avec ce texte des photos de lui enfant, déguisé en Popeye. Ce documentaire s’appel Roger & me ( Roger et moi ), il a était réalisé de 1986 à 1989 par Mickael Moore. Ce documentaire fut le tout premier de Mickael Moore et celui qui le fit connaitre au grand public. Ce documenatire nous prouve que déjà à l’époque le réalisateur usait de sa ténacité et de son humour assez grinçant mais très efficace. Il a de la répartie mais n’ose pas devoir faire le " forcing " pour dévoiler les faits plutôt que de les supposer ou de les ressortir déjà analysés. Cela nous montre que Mickael Moore fait du vrai travail de journaliste neutre et impartial.
     Ce film documentaire, nous raconte que la ville de Flint, Michigan, est le berceau de General Motors (GM), géant incontesté de l'industrie automobile. Michael Moore y a passé toute sa jeunesse. Dans son entourage, presque tout le monde travaillait pour le célèbre constructeur. Pendant des années, ce fut la prospérité et tous semblaient satisfaits, y compris les membres de l'UAW, le puissant Syndicat de l'Automobile. Mais aujourd'hui, en 1986, c'est la récession. Afin de rester compétitif, GM a décidé de fermer plusieurs de ses usines et de les rouvrir au Mexique, où la main d'œuvre est moins chère. 30 000 ouvriers vont ainsi se retrouver sur le pavé. Detroit et Pontiac sont affectés, mais surtout Flint. Michael, alors journaliste à San Francisco dans une revue où son intérêt pour le social n'était pas particulièrement bien vu, revient dans sa ville afin de tourner un reportage sur la situation. Il s'est aussi donné pour mission de rencontrer Roger Smith, président de GM, et de l'amener à Flint, constater les désastreuses conséquences de sa politique. Mais Roger Smith ne peut être joint ni par téléphone, ni par lettre, ni par fax et le siège de GM à Detroit semble être une inexpugnable forteresse. Michael rencontre toutefois Tom Kay, porte-parole de la compagnie et chaud partisan de Roger Smith, ainsi que Herb Slaughter, le responsable des relations publiques, qui l'éconduit sans ménagement. À Flint, la situation se dégrade. Les anciens quartiers ouvriers à l'abandon sont envahis par les rats. Le shérif-adjoint Fred Ross passe ses journées à expulser les locataires des rares maisons encore habitées. Des célébrités venues de l'extérieur essaient avec cynisme ou naïveté de redonner espoir aux habitants. Les chanteurs Pat Boone ( Monsieur Chevrolet dans les publicités télévision ) et Anita Bryant (originaire de Flint) viennent pousser la chansonnette. Ronald Reagan conseille aux chômeurs d'aller chercher du travail ailleurs. Bob Eubanks, animateur de jeux télévisés, originaire lui aussi de Flint, se livre à quelques plaisanteries douteuses. Kaye Lani Rae Rafko, Miss Michigan, ne voit pas où est le problème (elle n'en a qu'un pour l'instant : se faire élire Miss Amérique). James Blanchard, gouverneur de l'État, est tout aussi évasif. Même Owen Beaver, le président de l'UAW, semble acquis à la cause des patrons. Entre une garden-party et une séance de golf, les nantis se répandent en louanges sur le charme de leur ville et en sarcasmes à l'égard de ces " fainéants " de chômeurs. Pendant ce temps, le petit peuple tente de survivre. Certains deviennent serveurs de fast-food, représentants à domicile, ou gardiens dans la nouvelle prison construite pour juguler la délinquance. Les édiles locaux cherchent des solutions allant de l'exorcisme (le télévangéliste Robert Schuller) au développement du tourisme (construction d'un hôtel de luxe et d'un parc d'attractions fermés au bout de quelques mois). Michael, lui, poursuit toujours Roger Smith, de country-club en Assemblée Générale des actionnaires. La veille de Noël, au cours d'une soirée, il réussit enfin à lui dire face à face quelques mots bien sentis.
     L’intérêt de ce documentaire est de mettre en évidence toutes les conséquences du plan social décidé par la firme. Roger & me montre comment une décision qui se présente comme purement économique, qu’on prétend justifier de façon comptable en invoquant la concurrence et la mondialisation, a en réalité une signification politique, sociale, urbaine et existentielle fondamentale. Les licenciements ont en effet des conséquences désastreuses sur le tissu urbain : de nombreux travellings donnent à voir des quartiers entiers où les maisons sont abandonnées, on évoque les problèmes sanitaires (prolifération des rats) liés aux coût budgétaires, des problèmes de distribution du courrier, et la répétition des séquences d’expulsion accentue l’impression de dépeuplement et d’abandon qui règne à Flint. Les projets politiques et culturels de réhabilitation de la ville s’effondrent les uns après les autres, la reconversion économique s’avère dérisoire et le chômage semble insurmontable. Les ouvriers licenciés sont poussés à quitter la ville ou condamnés à des moyens de subsistance limites (essais pharmaceutiques, élevage " clandestin " de lapins). Les drames humains se multiplient (expulsions, perte des repères, troubles divers liés au découragement) tandis que les fausses solutions sont légion : la misère et la peur économique conduisent au fanatisme religieux et à la violence (augmentation de la criminalité et des ventes d’armes à feu). Le film montre ainsi comment, au nom de la rentabilité économique, une société se désagrège peu à peu.
     Le documentaire met en avant certaines personnes, tout simplement parce que le réalisateur à voulu montrer certains individus et d’autre moins. On a là une incompréhension entres les deux mondes, les chômeurs et les nantis. Du coté des nantis, on a dans le documentaire des vieilles femmes, dans leur club de golf, qui considèrent que les chômeurs sont au chômage car ils sont paresseux, " ils ne veulent pas travailler ", " beaucoup d’entre eux choisissent la facilité ". Ces phrases son intolérable en raison de tout ce qui a précédé dans le documentaire et de l’évocation de la misère réelle qui règne à Flint, par leur caractère foncièrement idéologique : mettre le chômage sur le compte de la paresse, c’est refuser de considérer le chômage comme un véritable problème, lié à un certain type de pratiques économiques, pour le réduire à un phénomène psychologique secondaire. C’est une manière, pour ces femmes, de se voiler la face et de continuer à jouir de leurs privilèges en toute bonne conscience. Il n’y a qu’à voir la façon dont elles sont prononcées: avec légèreté, entre deux gestes sportifs. Ces femmes semblent n’avoir aucun intérêt réel pour la discussion, et poursuivent tranquillement leur partie de golf. Le montage permet également d’insister sur l’augmentation des inégalités sociales ; le documentaire oppose clairement, par l’alternance des séquences, un monde de privilégiés ( les vieilles femmes qui jouent au golf ) et le monde de laissés pour compte ( les chômeurs et les personnes expulsées ). L’atmosphère du documentaire change du tout au tout quand démarre la séquence avec l’interview avec les vieilles femmes car on passe brutalement de l’ambiance morose et sordide de l’intérieur d’une prison à un extérieur verdoyant et ensoleillé, des cris de protestation d’un homme au bruit feutré des véhicules électriques, de l’air harassé et fatigué d’un gardien de prison au sourire et au salut de vieilles femmes privilégiées.
     A la fin du documentaire, on a un parallèle entre le discourt de Roger Smith, et l'expulsion d'une famille, qui permet de démontrer d'une manière ironique, voir satirique, que les actes ne sont pas toujours en parfait accord avec les paroles. On pourrait penser l'inconscience du capitaliste de base, pourtant, tout tente à démontrer que le mensonge est la solution la plus probable. Ce qui semble pour certains nantis, complètement impossible, semble alors se révéler être évident : le beau discours, accompagné d'un sourire et d'une musique nostalgique, chantée par quelques "gentils choristes", laissent croire à une évidente compassion pour les gens malheureux. Mais la compassion peut se faire car le malheur est fait indirectement par ce même beau parleur.
     Avec ce documentaire Mickael Moore montre l’échec total du rêve américain et le peu d’espoir d’amélioration que peuvent avoir les Américains puisqu’ils refusent de voir l’échec et de le dépasser pour pouvoir s’améliorer et progresser.

     Maintenant que nous avons vu la propagande et la critique du pouvoir et de société dans le cinéma au XXème siècle, nous allons voir ces mêmes critères pour le XXIème siècle.

Source de la vidéo : [en ligne] http://www.youtube.com/watch?v=9HYifa74Ggk&eurl

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