A. La propagande utilisée à des fin de pouvoir

1. Propagande utilisée pour Hitler

     " Toute propagande doit être populaire et placer son niveau spirituel dans la limite des facultés d’assimilation du plus borné, parmi ceux auxquels elle doit s’adresser ". Cette réplique est extraite du livre " Mein Kampf " écrit par Adolf Hitler, en 1925, pendant son séjour en prison. Adolf Hitler a été l’un des dictateurs qui a le plus utilisé la propagande cinématographique pour faire accepter son opinion et son parti au peuple allemand.
     Le cinéma est la première industrie culturelle du XXème siècle. Contrairement aux livres , le cinéma fait appel à l’émotion du public plutôt qu’à leur réflexion. Mais, très vite, le cinéma va devenir un outil idéal de propagande  car il permet de toucher toute la population même les illettrés. En effet, le cinéma en tant qu’art populaire est accessible au plus grand nombre. Depuis sa création, son taux de fréquentation a fortement augmenter. Alors des hommes ont utilisé le 7ème art pour exprimer et défendre des idées, des opinions, et faire accepter leur parti politique. Ils vont faire référence à un scénario, un acteur et à des films.
     Nous verrons que les guerres mondiales ont beaucoup influencé le cinéma. Des dictateurs comme Staline ou Hitler ont beaucoup utilisé la propagande cinématographique comme moyen de conquête del'opinion.

     Entre les années 1924 et 1953, Staline a installé au sein de l’URSS, une véritable dictature où il est le seul chef. Il va utilisé la propagande et la répression pour servir ses idées et le communisme. Et pour se faire accepter et apprécier par le peuple, Staline va utiliser toutes sortes de média où il se présente comme " le petit père des peuples ". Il va utiliser le cinéma comme moyen de propagande où il va créer son culte de la personnalité pour tisser des liens avec la population soumise.

     En Allemagne, notamment à travers  le célèbre film le Triomphe de la Volonté ( Triumph des Willens ) de 1938, la réalisatrice Leni Riefenstahl met son talent au service du régime nazi.
     Hitler, le chancelier de l’Allemagne veut faire accepter son parti politique : le parti nazi. Pour cela, il va demander à la célèbre Leni Riefenstahl de lui réaliser un long-métrage qui mettra en avant le dictateur et ses idées afin de conquérir la population  allemande.
     Le Triomphe de la Volonté est un film de 120 minutes dans lequel sont mis en scène les chefs et les militants du parti nazi ainsi que les habitants de Nuremberg. En effet, en 1934, le congrès national socialiste qui regroupe un demi million de membres du parti nazi s'y déroule. C’est ce congrès que retrace le film.
     La cinéaste va disposer de moyens considérables : trente caméras, seize opérateurs, un ascenseur géant pour élever les caméras, etc...
     Ce film va mettre en avant Hitler et ses idées politiques. La cinéaste va insister sur les signes, les emblèmes et les insignes du parti nazi. Le film commence par un démarrage en accroche : un avion bimoteur descend à travers les nuées célestes et se pose sur l’aérodrome de Nuremberg. Souriant, Adolf Hitler descend, acclamé par la foule. Il se dirige ensuite vers l’immense stade où le congrès a lieu. On peut voir à travers les tribunes se succéder d’importants personnages du parti nazi tel que l’ingénieur Tods, le chef de la paysannerie du Reich mais aussi le ministre du Travail Goebbels. A la fin du film, le discours d’Hitler s’achève sur une impressionnante retraite aux flambeaux.
     Le film est rempli de parades, des défilés, des discours, des applaudissements pour montrer la grande solidarité de l’Allemagne autour de son chef.  Nous pouvons voir aussi des ouvriers sur le chantier, des mères qui pleurent de joie et des enfants qui veulent embrasser Hitler Tout cela pour comparer Hitler à un dieu, au sauveur de l’Allemagne.
     Le triompe de la Volonté a été une incroyable réussite. Il fut primé au festival de Venise en 1936 et projeté avec succès dans le cadre de l’exposition internationale de Paris en 1937. Des extraits sont présents dans des films de montage tel que " Pourquoi nous combattons ", Mein Kampf, etc... Mais sa projection publique intégrale reste interdite.

     Les dictatures se servent donc du cinéma pour faire de la propagande. D’autres l’utilisent pour lutter contre un parti politique ou un pays. Dans une deuxième partie, nous allons voir que les Américains, pendant la guerre froide, ont fondés  une idéologie présente dans de nombreux films : le maccarthysme.  

2. La propagande anti-communiste

     Après avoir vu que le dictateur Hitler utilisait la propagande comme moyen de conquête de l’opinion, nous allons voir que les cinéastes Américains se servent du cinéma pour les dresser la population Américaine contre les communistes.
     Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l’Union soviétique est un formidable allié de Hollywood. Le président Roosevelt demande aux cinéastes américains de forger une image plus que positive de l’URSS. De nombreux films ont donc été réalisés mettant en avant l’amitié entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique. Nous pouvons prendre comme exemple le film Américain Mission to Moscow de Mickael Curtiz, sorti en 1943. Dans ce film, l’ambassadeur américain se rend en URSS où il s’adresse directement au spectateur pour leur expliquer la quasi-similitude entre le peuple soviétique et le peuple américain.
     Pourtant l’amitié entre ces deux grandes puissances ne va pas durer très longtemps : les alliés vont devenir des ennemis et la guerre froide va débuter et va durer des dizaine d'années. Hollywood qui défendait les soviétiques autrefois va se retourner contre eux pour dénoncer le communisme. C’est alors que naissent le maccarthysme et la " chasse aux sorcières ".
     Le maccarthysme connu aussi sous le nom de " Peur rouge " désigne la procédure menée par la commission du sénateur Joe McCarthy consistant à traquer d’éventuels agents, militants ou sympathisants communistes aux Etas-Unis mais également une ambiance politique consistant à réduire l’expression d’opinions politiques ou sociales jugées défavorables en limitant les droits civiques sous le motif de défendre la sécurité nationale. Le maccarthysme va être très présent dans le cinéma pendant une grande partie de la guerre froide.
     A cette époque, les scénaristes n’ont quasiment aucune influence sur les scénarios : il est d’ailleurs très difficiles de trouver des films pro-communiste de l’époque, mis à part les fameux films de propagande durant la guerre. Au contraire, la peur de la menace rouge se retrouve dans de nombreux films souvent de science-fiction tel que Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel (" L’invasion des profanateurs de sépultures ") . Ce film raconte l’histoire des habitants d’une petite ville des Etats-Unis qui sont victimes d’une étrange psychose et qui prétendent que des membres de leur famille ou leurs amis ont été dépossédés de leur identité. Ce film se situe dans le contexte de la guerre froide et du maccarthysme puisqu’il a été réalisé en 1956. Ce film condamne tous les américains qui seraient pour le communisme.
     Mais la propagande anti-communiste ne s’arrête pas là. Les Américains vont même jusqu’à interdire des cinéastes étrangers à venir aux Etats-Unis. Ils interdisent notamment la venue des cinéastes européens s’ils ont des idées trop révolutionnaires. C’est ce qui a failli arriver au film L’Almore de Roberto Rossellini sorti en 1948. Ce film raconte l’histoire d’une jeune femme folle amoureuse d’un homme depuis cinq ans, mais qui l’a quitte aujourd’hui pour une autre. Elle se raccroche donc au seul lien qui la raccroche à cet homme : le téléphone. Considéré comme un film pro-communiste, il passe donc à deux doigts de la censure. Mais les vrais protagonistes de cette propagande sont les membres de l’HUAC ( House Unamerican Activities Committee). L’HUAC est dirigée par J.Parnell Thomas en mai 1947, donc pendant la guerre froide. Pendant cette guerre, l’HUAC décide de lancer une vaste opérations « anti-rouge » sur Hollywood et le cinéma. Le 27 octobre 1947, des scénaristes, des réalisateurs, des acteurs et des techniciens soupçonnés d’être des partisans communistes, sont interrogés devant la commission. Mais ces derniers ne voulant pas répondre aux questions même les plus banales, les auditions sont suspendus. Ils ont pris comme défense le premier amendement de la Constitution Américaine.
     Mais c’est au début des années cinquante que la chasse aux sorcières va se généraliser : sous la direction de McCarthy, la délation devient la règle et des listes noires circulent avec les noms de tous las acteurs accusés d’être des partisans communistes. Des acteurs comme Charlie Chaplin, Bertold Brecht ou encore Jules Dassin qui quitteront les Etas-Unis.
C’est le 17 juin 1957 que le Cour Suprême va mettre fin à la chasse aux sorcières puis la HUAC va être considéré comme une organisation ridicule à la fin des années 60.
    

     Maintenant que nous avons vu deux sortes de propagande différentes dans le cinéma, nous allons voir quels en sont ses outils.

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